Tome 2, Chapitre 2: La Wet Coast et la Sécheresse

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C’est tellement niaiseux!

C’est qui qui a pensé à ça?

Les guidons devaient mesurer 350 dans le temps!

Non mais pourquoi?

Tu me niaises-tu?

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Ce sont toutes les phrases qu’on se dit quand on roule dans le North Shore. Les vieux skinnies tout croches et les passes engageantes avec des finales qui tournent à 90°  rendent le tout assez tordu comme ça, mais n’oublions pas d’ajouter les pavés-unis de roches et les racines grosses comme des gros bras gras. Chaque mètre est une surprise. On rit et on trouve ça dangereusement abrutis. Alex tombe, je le traite de pas bon. Cinq secondes plus tard, je tombe, c’est moi le pas bon.

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Après mon week-end à North Vancouver, je prends la route vers Squamish et Whistler, seul, à la découverte, comme dans le bon vieux temps. L’auto, un vélo, la tente, un petit brûleur, le gruau , du fromage et les papiers grifonnés de sentiers conseillés.

Conduite sous la pluie, petite épicerie, arrêt à la boutique Corsa où nul autre que Miranda Miller me donne quelques derniers conseils. La première balade m’emmène dans Angry Midget, Half Nelson et Pseudo-Tsuga, des classiques  de l’endroit, et avec raison. Des trails incroyables, avec un flow à tombeau ouvert, des vues saissisantes et des arbres grandioses.

Petit dîner.

Deuxième balade près du camping d’Alice Lake où j’ai piqué ma tente. En ordre: Credit Line, Rupert (wowwwww) et Man Boobs. C’est graisseux à souhait, c’est plein de défits, de petites lignes tricky, c’est fou. Ce secteur est tout fait à la main, contrairement au premier, un peu plus intime, mais moins douillet.

Le soir c’est un feu avec du bois mouillé et des alumettes détrempées. « Alumettes qui s’allument partout », ça vaut pas de la schnoutte.

Le lendemain, je recherche Treasure trail, mais je fini dans Mark my Word, encore du stock niaiseux et incroyable.

On se croît chanceux peu importe où on vit, mais j’envie les gens de Squamish, l’une des places où l’on retrouve les plus beaux joyaux de sentiers, et la plus belle variété. On peut pousser nos limites, étendre notre zone de confort, ou se laisser aller gentiment. Bravo.

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Whistler pour l’après-midi, je m’y enchaîne Hey Bud et Micro-Climate, deux trails très graisseuses et glissantes en ce printemps mouilleux. Ça brasse, ça danse le Twist and Shout, et mon bassin s’inspire des mouvements de Patrick Swayze. Bière au village pendant la saison morte, puis je reprends la route vers Revelstoke. La Duffy Lake Road, c’est comme un buffet all-you-can-eat pour les yeux.

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Un mois plus tard, je réattaque la même route avec David, direction Pemberton, pour la Big Fucking Loop, une course pas course avec pas d’inscription, mais avec un semblant d’itinéraire, et surtout, beaucoup de coups de pédales. Le départ est lancé à 10 heures, mais on arrive en retard, comme d’habitude. Jean-François est là, patient, Alex, Sarah, David et moi sommes presque prêts, et déjà déshydratés.

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Si tout était mouillé et frais le mois dernier sur la côte, ici à Pemberton en début juin, c’est la sécheresse totale. Les sentiers sont de poussière et la température est dans les trente, mais elle flirte avec les quarante aussi.

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Pis comme tous les sentiers de l’Ouest, ça monte pour de vrai, pis pour de vrai longtemps. Ici, l’histoire du « 20 minutes encore », ya aucune chance qu’on puisse y croire. On cumule près de 1700 mètres de montée, pour redescendre dans l’arrière fond du réseau de Pemberton. Rendu là, les camelbaks sont vides, les bouteilles aussi, pis on ne parlera pas de l’énergie.

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Puis le miracle arrive, l’Arche de Noé sous forme de monsieurs de bonne humeur, de bières, crème glacée, eau froide et musique. Tout ça, au beau milieu des bois, au beau milieu de la ride qui nous aura pris 7 heures, à grimper 2000 mètres et pédaler 40 kilomètres, sous les crampes, les coups de chaleur, la déshydratation, les ennuis mécaniques… dans les chutes de sable, les passes exposées et le tout-lousse. La Big Fucking Loop ouais.

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Tome 2, Chapitre 1: Les vieux et les nouveaux namises

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Ya de ces gens que l’on aime bien, qu’au fil du temps on connaît bien, simplement comme ça, sans compliquer les choses. On partage un lieu de travail, du chialage, des bières, des groupes de musique, des passions pour des cochonneries sans importance, des sentiers, des heures de conduite. Ya d’autres gens que l’on aime simplement comme ça, sans explication, des amours gênés, et non exprimés, par respect et prudence.

Dayne c’est un peu ça, le gars qui m’a fait de l’attitude, qui m’a présenté son bouclier sur lequel je n’ai pas tappé, mais sous lequel j’ai chatouillé. Le collègue-grand-frère que je décourage, que j’aime décourager, et qui aime que je le décourage.

Pis avec Pascale, ils font un duo qui contre-stéréotype Tinder et toute sa marde. L’aiguille dans la botte de foin, peut-être, mais elle les a piqués pour de vrai.

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Après les avoir visités, c’est eux qui nous visitent, qui viennent s’épater à leur tour, découvrir les restos, les montagnes et le vélo dans la vallée.

Dès ses premières semaines de printemps, Revelstoke me montre ses quelques beautés, ses beaux visages de paysages, ses dessous de sentiers, ses dentelles de gens. Parce que oui, démographiquement, il y a des changements. Les skis-bums sont remplacés par tout simplement rien, les locaux deviennent plus réguliers, j’en deviens plus habitué. Tout le monde fini par être des amis d’amis, les files d’attentes sont longues de par les discussions, et non pas de par les répétitives questions.

Les Pedal and Pint se déroulent toujours, avec ses parcours inconnus, ses pauses bières, pis toute l’affaire. On est parfois 9, d’autres fois 37, et d’autres fois je n’y vais pas donc je ne le sais pas.

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Je n’ai jamais été trop « course » dans la vie. Les raisons se partagent entre le manque de motivation, une mauvaise vision, un déficit d’attention, un esprit compétitif à plat, mais surtout par un manque de talent. Mais les Toonies m’ont gagné dès la première course: on pédale jusqu’au sommet et on enlève notre chaîne: Chainless Tabarnack!

Serrez la main à Monsieur Fluidité, car vous avez avantage à bien vous entendre l’instant de la descente. Ambiance bon enfant, beaucoup de gens et Stu qui explose tous les temps, un classique annuel. Andrew et Selim, deux collègues, se compétitionnent la course. Andrew a mis 200$ de nouveaux pneus pour se donner des chances, Selim déjante le sien au premier virage.

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Puis ya les courses de cross-country où j’ai envie de vomir ma vie, puis les Time-Trial où les garçons (Tim, Cookie et David) y vont en fixe avec des beaux déguisements. Marie-Mai et moi on les suit en auto, Colin dort et moi je capture sur pixels la beauté incarnée (les gars en accoutrements, pas le bambin toujours).

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En parlant de beauté incarnée, cadeau:

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