La famille reconstituée

Moi qui pensais rester à Revelstoke pour quelques semaines, pour skier quelques bonnes journées, et ensuite revenir au Québec… J’ai attendu les belles conditions qui ne se sont jamais pointées, ni précipitées. Et tant qu’à avoir un mauvais hiver, je vais tenter de profiter de l’été qui s’en vient pour faire du vélo comme j’en ai jamais fait, jusqu’où je me suis jamais rendu: l’alpin.

BC5-31

Pour l’instant, il est plein de neige cet alpin, alors on peut combiner des journées parfaites de ski au sommet, et de vélo à la base.

Parlant de vélo, on oublie comme ce sport est simple et efficace: en 5 minutes on est prêts. Lumière sur le casque, casque sur la tête, batteries rechargées à la dernière minute, on pédale de la maison et en 2 heures on a dépassé nos limites. C’est comme ça que David me fait découvrir les sentiers de Revelstoke, et quand c’est pas juste lui, c’est la vingtaine de cyclistes qui se donne un rendez-vous religieux pour le fameux Pedal And Pint à tous les jeudis soirs.

BC5-20   BC5-23
BC5-06

MacPherson, CP trails, Cartier, Town loop, on fait tout ce qui pédalable. Puis les fins de semaine on s’aventure aussi à Salmon Arm et Kelowna, pour changer de climat.

5-03
5-02

Après quelques semaines, on fait le tour de ce qui a fondu en bas, le sens de l’aventure est plus rapide que la fonte de la neige et on part vers la côte pour Pâques, une fin de semaine, qui pour moi, a toujours été en famille.

Faute de famille, on se crée la notre ici en quelque sorte, tissée-serrée par le sport et les passions. Et si Revelstoke est une belle famille, il y a quelques membres épars dans la province, dont Jonathan, Annie et leur petite Clara à North Vancouver.

DSC_2595
BC5-16
   BC5-14

De mes 2 mois de voyages, j’ai jamais roulé des sentiers si serrés, abruptes et techniques. Si ça remet l’égo bien en place et qu’on fait quelques sections à reculons, on se rappelle qu’il faut jouer du frein arrière et que les fesses doivent coller la roue arrière. Si les gaps et les drops sont mes peurs noirs, les skinny sont les cauchemars de David. On s’encourage, mais surtout on rit de nous-mêmes, tandis que Jo lui, fait tout avec les doigts dans le nez, nous guidant dans les secteurs de Fromme et Seymour, entre les trails de Bookwus, d’Espresso, de Lower Crippler et de Boogieman.

BC5-10   BC5-11   BC5-12

Après les petits rush d’adrénaline et d’acide lactique, les bébés et les guidons s’échangent de mains entre les papas et les mamans, et je suis les dernières dans d’autres sentiers.

BC5-17   BC5-18
BC5-19

Puis pour la dernière journée du mont de ski de Revelstoke, David et moi décidons de se taper la journée parfaite. On fait la file pour la première gondole, puis la deuxième, puis la chaise du Stoke, puis on bootpack jusqu’au sommet, où on se permet une descente dans un pied de poudreuse; on s’empiffre d’un repas de cabane à sucre et de tire sur la neige, occasion d’une journée; puis on finit en beauté en vélo de montagne.

BC5-25   BC5-26   BC5-30
BC5-29

Je pensais que c’était ma dernière journée en centre, mais les employés de la Baguette ont droit à une faveur à la fin de la saison: une journée pour eux-tout-seuls sur la montagne. Cette année, la chance a frappé: 25 centimètres de poudreuse se sont déposés la veille. Au nombre de 25, on a enchaîné les descentes dans la montagne déserte, entre les bières et les burgers.

BC5-32   BC5-33
BC5-34

Et puis deux semaines plus tard, en fin avril, pour clôturer la saison de ski, même si elle était pas mal terminée, David et moi nous sommes lancés dans l’un de nos merveilleux plans de cons: tenter de faire le sommet de MacPherson. Je croyais que c’était le 42e plan, David croit encore que c’est le 27e. Ça a l’air qu’on n’a pas la même définition d’un plan de cons. La veille, vers 21h, l’histoire se concrétise. On prépare les sacs, les skis, les piolets et les crampons, puis on tombe dans nos lits à 23h.

3 heures plus tard, les cadrans sonnent, le gruau bouille, le café percole et les yeux se décollent. On commence l’ascension à partir du stationnement vers 3h15 du matin, à la frontale. Mais c’est le bordel. À tous les 100 mètres, on enlève les skis, on marche, puis on remet les skis. Puis après un certain moment, on se dit «Au yable tout ça!» et on se fait une formation 101 de comment détruire des peaux d’ascension en une journée: la boue, les roches, le foin, les épines, les ruisseaux… Amenez-en!

BC5-35   BC5-36

Puis on grimpe un 500 mètres de neige glacée, pour ensuite terminer sur une épaule saupoudrée. Mais après 7h d’ascension, il est déjà 10h, tout est collant, nos skis doivent peser 50 livres, la neige se transforme, ce sera bientôt instable, propice aux avalanches printanières. On décide de descendre. Une descente amusante, pleine de surprises, où on passe de 40km/h à 5km/h selon les secteurs. Puis après, et bien on recommence les cycles de 100 mètres de neige/100 mètres pas-de-neige jusqu’à la voiture. La sieste d’après-midi est appréciée.

BC5-38   BC5-37
BC5-40

En août, les sommets seront à nous, mais cette fois-ci, sur deux roues! D’ici-là, on pourra jouer avec les autres membres de la famille, d’autres anciens Yéti: Dayne et Pascale plus au Sud, ou Alex à North Van. La famille reconstituée ne fait que s’agrandir.

La passe des Bruins, en skis, pas en patins.

C’était vraiment un hiver de marde. Après les pas de précipitations, il y a eu de la pluie et des 3 degrés Celcius jusqu’à 2200 mètres. On a fait de l’exploration dans des forêts millénaires du Parc de Revelstoke, on a skié les pentes de Revelstoke comme si c’était le printemps, entre les plaques de glace, le gros selle, la slush et les roches.

DSC_2380

Sur un pseudo coup de tête, on a décidé d’aller tout en haut dans le parc national de Glacier. Si le parc n’avait pas connu de précipitation dans les dernières semaines, les températures avaient montées en flèche, toutes les faces possibles avaient décrochées, causant des débris d’avalanches un peu partout: des classes 1, 2, 3 et 4, sans aucun doute. Pour les connaisseurs, avez-vous déjà vu le couloir de Grizzly complètement anéanti? Nous oui. Les conditions étaient donc stables et assurées, c’était le paroxysme de la sécurité, comme la carrière cinématographique de Rémy Girard. Après avoir suivi les épaules et s’être imaginés tout descendre en fatbike, on a passé la passe de Bruins (tout au fond, près du sommet 8812), pour ensuite faire deux magnifiques descentes sur le glacier de Bruins. Un ciel bleu et clair, une neige de 15 centimètres légèrement transformée par le vent, c’était féérique, un cadeau tombé du ciel. La dernière descente jusqu’à la voiture fut douloureuse, pour mes pieds, mes jambes et mon égo.

S’il n’a pas neigé, il a au moins fait beau. J’ai vu la vallée sous le soleil à tous mes jours de travail, où j’ai servi des hamburgers à des Suisses, des Américain(e)s, des Finlandais(es), des Québécois(es) et des Français(es). Déçu(e)s, fâché(e)s, insulté(e)s… Ils étaient inconsolables. Personnellement, je le prends avec un grain de sel, ce n’était simplement pas l’année pour y déménager. Tant pis, l’été sera (peut-être) bon.

DSC_2282

Parlant d’été, ça fait trois fois en une semaine que je sors le vélo de montagne, la vallée de l’Okanagan est sèche comme si c’était le mois d’août, et à Revelstoke, c’est le printemps. Je vous en souhaite de même!

DSC_2388
DSC_2399
DSC_2395   DSC_2410DSC_2417
DSC_2415
DSC_2436
DSC_2405
DSC_2245
DSC_2348    DSC_2341
DSC_2478
DSC_2480

Ode à Andrée-Anne

Novembre 2011 058

Andie.

Toi qui répondras à tous les appels et tous les textos, toi qui répondras dans les temps records, toi qui répondras avec des insides sans bon sens.

Toi qui répondras aussi à toutes les grandes problématiques et aux grands questionnements avec deux-trois questions, avec deux-trois solutions, et avec une ponctuation de conneries, pour détendre, pour prouver que la vie c’est pas si sérieux.

Oui, toi, avec qui j’ai probablement le plus d’insides, d’histoires niaiseuses et de rire où t’as une genre de face de souris, déjà mieux qu’une face de brochet. Toutes ces histoires et ces niaiseries, pis les dates de fêtes aussi, t’en es comme une encyclopédie sur deux pattes. T’es celle qui documente nos vies, photos à l’appui. Celle qui connait le chemin des autres, même plus que le sien.

andy la mère

Merci d’être dans la mienne, t’es une vraie de vraie de grande de bonne de meilleure amie. Tu me fais toujours du bien quand on se voit, t’as toujours les bons potins, les bons souvenirs, les bonnes moqueries, les histoires pas rapports et les détails insignifiants.

gaspé2

T’es aussi le plus beau mélange des contradictions: t’es celle qui aime si bien insister sur le fait que j’aie fait six ans de cégep, dont 5 au Vieux, mais toi tu viens de passer 2 BAC à l’université; t’es celle qui est tout le temps fatiguée, mais qui veille le plus tard; t’es celle qui a jamais tant travaillé, mais qui possède une crèmerie; t’es celle qui se marre de tout le monde, mais qui a les plus belles et longues amitiés.

IMG_0181    30675_407403437018_2656029_n

Merci d’être celle avec qui je peux rire des serpents de métal sans me sentir mal, merci d’être celle que je suis certain de voir à chaque fois que je reviens de loin, merci d’être celle qui prend de nos nouvelles, merci d’être celle qui se souvient de tout, parce que moi, je me souviendrai toujours de toi.

DSC_0223

J’t’envoie un infini de guns de bave d’ici, en espérant te revoir bientôt, autour d’une bière, d’une Rivière Rouge ou entourés de mononcs et de matantes qui se font la cours.